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Politique / Des figures de l’opposition réclament le report de la présidentielle du 12 avril

Libreville, 1er mars 2025 .BWM- Lors d’une conférence de presse tenue ce samedi à Libreville, trois figures majeures de la scène politique gabonaise ont exigé le report de l’élection présidentielle prévue le 12 avril prochain. Par la voix de l’ancien ministre Ali Akbar Onanga Y’Obegue, ces leaders – Pierre Claver Maganga Moussavou, ancien Vice-président de la République, Alain-Claude Bilie-By-Nzé, ex-Premier ministre, et Albert Ondo Ossa, ancien ministre – dénoncent de graves irrégularités dans le processus électoral en cours.

Ils pointent notamment du doigt un fichier électoral jugé non conforme et une loi électorale modifiée qu’ils estiment favorable à un candidat en particulier. Pour appuyer leur demande de report, ces opposants annoncent leur intention de saisir la Cour constitutionnelle de la transition afin d’obtenir une révision complète du processus électoral. Ils insistent sur la nécessité d’une réforme véritablement démocratique, en accord avec le nouveau Code électoral promulgué le 19 janvier 2025.

Un fichier électoral contesté et une instance électorale accusée de partialité:

Les contestataires estiment que la révision du fichier électoral, débutée en janvier dernier et encore en cours jusqu’au 10 mars, a été effectuée sur la base de l’ancien Code électoral, désormais caduc. « Le fichier électoral est invalide, car il ne respecte pas les normes du nouveau Code », a affirmé Ali Akbar Onanga Y’Obegue au nom de ses alliés.

Ils dénoncent également la composition de l’Autorité de contrôle des élections et du référendum (ACER), instance placée sous la tutelle du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité. Selon eux, cette structure manquerait d’indépendance et servirait les intérêts du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI). Sans le nommer directement, ils font clairement allusion au président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguéma, dont la candidature éventuelle reste en suspens.

Des élections menacées de manque de transparence:

Pour ces figures politiques, les conditions actuelles ne permettent pas d’organiser un scrutin crédible. « Si les élections se tiennent dans ces conditions, elles ne seront ni transparentes ni crédibles », affirment-ils. Ils accusent le pouvoir en place d’avoir modifié les règles électorales dans un but partisan, compromettant ainsi l’équité et la transparence du processus.

Ils appellent donc à un report de la présidentielle afin de corriger ces irrégularités et garantir un processus électoral juste et inclusif. Selon eux, une élection bâclée pourrait nuire à la légitimité du futur président.

Des ambitions politiques encore floues:

Aucun des trois contestataires n’a officiellement annoncé sa candidature pour le scrutin du 12 avril. Toutefois, Pierre Claver Maganga Moussavou, bien que dépassant la limite d’âge fixée par la Constitution, a exprimé son intention de déposer son dossier de candidature auprès de la Commission nationale d’organisation et de contrôle des élections et du référendum (CNOCER).

De son côté, Alain-Claude Bilie-By-Nzé poursuit une tournée nationale, qui s’apparente à une pré-campagne. Quant à Albert Ondo Ossa, il demeure silencieux sur une éventuelle candidature, continuant de revendiquer sa victoire à l’élection présidentielle d’août 2023, avortée par le coup d’État ayant renversé Ali Bongo Ondimba.

Les candidats ont jusqu’au 8 mars pour soumettre leur candidature auprès de la CNOCER. La campagne électorale, quant à elle, se déroulera du 29 mars au 11 avril 2025 à minuit.

Camille AKOUMA 

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