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Gabon/RENAJI : L’organisation exige la libération immédiate de Médard Tounda Youbi, incarcéré depuis le 23 avril

Libreville, 6 juin 2026 . BWM– Le Réseau National des Journalistes Indépendants RENAJI monte au créneau. Dans une déclaration officielle rendue publique ce vendredi, l’organisation dénonce le maintien en détention préventive de son membre, "Médard TOUNDA YOUBI", à la prison centrale de Libreville depuis le 23 avril 2026. Une affaire qui oppose le journaliste à la ministre de l’Entrepreneuriat, du Commerce et des PMI-PME, Zenaba GNINGA CHANING .

Un revirement judiciaire qui interroge:

Selon le RENAJI, Médard Tounda Youbi s’est présenté volontairement devant les autorités judiciaires après sa garde à vue à la Brigade Territoriale du Gros-Bouquet. À l’issue de son audition devant le parquet près le Tribunal de Première Instance de Libreville, le juge d’instruction avait ordonné sa mise en liberté provisoire, conformément au principe de présomption d’innocence.

Problème : cette décision a été annulée quelques minutes après, alors que le journaliste se trouvait encore avec sa famille et le président du RENAJI. Un retournement que l’organisation qualifie de « soudain et incompréhensible ». Pour le RENAJI, ce revirement brutal nourrit des soupçons d’ingérences extérieures et fragilise la crédibilité de la procédure.


Des chefs d’accusation qui évoluent:

Les faits reprochés restent flous. Initialement évoqués pour diffamation, chantage et extorsion de fonds, ils auraient été requalifiés en « menace par voie de fait ». Pour le RENAJI, cette évolution renforce le caractère disproportionné du maintien en détention.

L’organisation rappelle aussi le contexte : Médard Tounda Youbi a été directeur de campagne de Zenaba Gninga Chaning lors de la présidentielle du 12 avril 2025, avant son entrée au gouvernement. Une proximité passée qui soulève, selon le RENAJI, des interrogations sur la nature réelle du différend. La rencontre du 13 mai 2026 entre la ministre et le RENAJI aurait porté sur des aspects « internes et personnels », jamais sur le contenu journalistique de l’article incriminé.


« La liberté de la presse n’est pas négociable »;

Face à ce qu’il considère comme une possible instrumentalisation de la justice dans un différend privé, le RENAJI exige :

1. Le strict respect des droits de la défense et de la présomption d’innocence

2. La transparence totale sur les motifs de la détention 

3. Une justice rendue en toute impartialité et indépendance

4. La mise en liberté immédiate de Médard Tounda Youbi, ou à défaut sa mise en liberté provisoire pendant l’instruction

« La liberté de la presse n’est pas négociable. Lorsqu’un journaliste est inquiété pour avoir exercé son métier avec rigueur et responsabilité, c’est l’ensemble de la profession qui est interpellé, mais aussi l’État de droit qui est mis à l’épreuve », a déclaré *Aimé Serge Boulingui*, président du RENAJI.


Un contexte qui inquiète la profession:

Le RENAJI relie cette affaire à une série d’incidents visant des journalistes gabonais : l’enlèvement de Roland Olouba le 15 janvier 2026, les arrestations de Harold Leckat en octobre 2025, d’Hervé Simon Ndong en août 2025 et de Brice Ndong en décembre 2025. Pris ensemble, ces cas alimentent, selon l’organisation, un sentiment croissant d’insécurité chez les journalistes indépendants.

L’organisation interpelle directement le Président de la République, *Brice Clotaire Oligui Nguema*, dont l’attachement à l’État de droit a été réaffirmé à plusieurs reprises, afin que « toute la lumière soit faite sur cette affaire ».

Le RENAJI dit rester mobilisé et se réserve le droit d’engager toute initiative légale pour défendre son confrère et la liberté de la presse au Gabon.



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