lundi 27 juillet 2026 / /

Conférence des Femmes appelées « Un seul doigt ne peut laver un visage »

Libreville, 23 juillet 2026 .BWM-Tel est le message lancé dans l’allocution de Nina Asselé Rinieri pour une citoyenneté gagnée, pas mendier.« Être une femme qui veut lever la tête et prendre sa place est un combat de chaque instant ». C’est par cette phrase que Madame Nina Asselé epse Rinieri, Responsable Administrative et Conseillère du Président du CESEC, a ouvert son intervention au Panel 5 de la conférence « Femme Appelée : découvre et réalise ton appel ».

Face aux panélistes et invités, elle a posé le diagnostic d’une société qui bloque ses propres bâtisseuses, avant de proposer une réponse concrète : le « PASS CITOYEN » et 4 piliers pour remettre l’institution au service des femmes.

Le Sceau vs la réalité : des mères fantômes de la bureaucratie:

« _Le Sceau de notre République porte en son cœur une femme qui allaite_ », rappelle-t-elle. Une déclaration fondatrice, pas un ornement. 

Mais dans les faits ? « _Voir des mères allaitantes faire la queue pendant des heures pour un simple acte de naissance, pour un NIP ou pour une carte CNAMGS est une réalité insupportable !_ »

Conséquence: fautes de papiers, ces mamans sont « _piégées dans une situation dramatique pour payer leur accouchement. Elles sont des fantômes d’une bureaucratie déconnectée_ ». 

Pour Nina Asselé, quand une maman est bloquée par l’administration, c’est toute sa trajectoire économique qui est entravée.  L’UNICEF l’a confirmé le 8 juillet : 43% des enfants de l’arrière-pays subissent des privations cumulées.

 « Je viens d’une lignée de femmes qui se lèvent » : l’héritage contre les « petits roitelets »:

Pour ne pas reculer, l’oratrice puise dans ses racines. Betoe Be Nsole Hélène, accoucheuse Abandji qui parlait « _directement aux oreilles des Présidents_ ». Nguendongui Adibet Ayo Marie Louise, première femme au premier bureau politique du PDG, députée, maire-adjointe. 

« _Quand ces femmes-là se levaient, personne ne pouvait les empêcher d’atteindre leur objectif ! Et moi, je suis faite de ce bois-là !_ »

Elle dénonce alors les "petits roitelets" qui filtrent les opportunités, le vol de projets, le vol de places, le piétinement de la propriété intellectuelle. Des canaux fermés, opaques, qui rendent impossible de percer le plafond de verre si on n’amène pas votre nom sur un plateau.

 Le « PASS CITOYEN » à Ekwanssa : 8 heures pour retrouver sa dignité.Face à l’assistanat, Nina Asselé oppose le pragmatisme de terrain. Au cœur du quartier Ekwanssa, avec l’alliance GAPIA et l’ONG C.D.P.C, un guichet unique a été ouvert.

Le principe un contrat de réciprocité . L’État civil, le NIP, l’accès à la CNAMGS sont délivrés. En échange, chaque bénéficiaire s’engage à 8 heures de bénévolat d’utilité publique. 

Résultat filmé et relayé : des mamans et des jeunes prennent spontanément pelle, sac poubelle et gants pour nettoyer leur environnement. 

« _Mettre l’institution au service de la cause des femmes, ce n’est pas distribuer des aumônes qui rabaissent. C’est bâtir des citoyennes debout et souveraines_ », martèle-t-elle.

Les 4 piliers pour que les institutions « se plient aux réalités des mamans »:

Pour généraliser, elle lance 4 recommandations immédiates :

Décentraliser l’ingénierie sociale : Multiplier les Guichets Uniques de quartier pour briser l’entre-soi.Généraliser la Réciprocité Remplacer les subventions passives par des contrats d’effort civique.Selon elle,Flécher la RSE c'est également Obliger les grandes entreprises de Libreville à financer les AGR des filles-mères.

Protéger les œuvres de l’esprit : Sanctuariser la propriété intellectuelle des femmes

Arrêtons les grands colloques dans les hôtels feutrés. Allons dans les ruelles !_ » Structurons des espaces gérés par des femmes, pour des femmes.


« Le Sceau de notre République ne célèbre pas la soumission, il nous rappelle notre autorité de bâtisseuses. Levons la tête, gardons notre terrain, refusons l’aliénation, et construisons un Gabon digne, fort et uni».

Pour conclure ,Le problème est qu'une administration qui aliène au lieu d’émanciper.La solution testée  serait que Le « PASS CITOYEN » à Ekwanssa, dignité contre engagement.Son ambition  est  de Passer à l’échelle nationale avec 4 piliers pour une citoyenneté active.

« _Un seul doigt ne peut laver un visage_ ». Par cette allocution, Nina Asselé Rinieri transforme l’héritage des matrones en plan d’action politique.


Antine ETOUGHE 





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