La Diaspora gabonaise : << cessons les comparaisons, construisons notre propre modèle !>>
Libreville, Le 17 Mai 2026 . BWM– D'après Monsieur Ayouné Diobas Cédrick Orphée, gabonais de la Diaspora en Afrique de l’Ouest : « La diaspora gabonaise n’investit pas assez », « elle n’envoie pas autant de capitaux que les diasporas sénégalaise, malienne ou camerounaise » : ce refrain revient à chaque débat sur l’apport des Gabonais de l’extérieur. Une comparaison récurrente, mais à mon sens incomplète et injuste.
Ce Gabonais porterait un regard particulier sur la situation de la diaspora gabonaise à l'étranger. Installé depuis plus de vingt ans d'abord au Sénégal et maintenant travaillant dans le secteur privé, en Afrique de l’Ouest, au Bénin , << je constate que notre histoire migratoire n’a rien à voir avec celle des grandes diasporas africaines historiques.
Dans les années 1960 et 1970, alors que des dizaines de milliers de Sénégalais, Maliens et Camerounais s’installaient déjà dans les capitales européennes avec une culture de l’expatriation économique, la communauté gabonaise restait infime. Celui qui partait ,le faisait avant tout pour étudier, avec un seul objectif : rentrer au pays. L’idée de bâtir une carrière, un patrimoine ou un réseau économique à l’étranger n’était pas ancrée dans notre culture nationale>>.
C’est cette réalité qu’il faut garder en tête avant de juger la contribution actuelle de la diaspora gabonaise.
Une génération en mouvement:
Les choses évoluent depuis une vingtaine d’années. Une nouvelle génération s’installe progressivement à l’international : cadres dans de grandes entreprises en Afrique de l’Ouest, en Europe et aux États-Unis, entrepreneurs, consultants, investisseurs. De Dakar à Abidjan, de Paris à Londres et jusqu’à New York, des Gabonais fondent des familles, développent des réseaux et acquièrent une expérience précieuse.
Une véritable diaspora gabonaise est en train de naître.
Au-delà de l’envoi d’argent:
Attendre d’elle uniquement des transferts financiers, c’est passer à côté de sa valeur ajoutée immédiate. La diaspora gabonaise peut d’abord jouer un rôle de :
- Force de proposition sur les réformes et les bonnes pratiques observées ailleurs ;
- Réseau d’expertise mobilisable pour des projets structurants ;
- Pont entre le Gabon et le reste du monde ;
- Levier d’influence économique ;
- Accélérateur de compétences pour le pays.
Le capital financier suivra. Toutes les grandes diasporas économiques ont mis plusieurs générations avant de devenir des puissances d’investissement.
L’enjeu aujourd’hui est de maintenir le lien, d’impliquer cette diaspora dans les grands enjeux nationaux et de la considérer comme un partenaire stratégique du développement du Gabon. C’est, me semble-t-il, la direction prise par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema.
Regarder ce qui émerge:
Il faut cesser de regarder la diaspora gabonaise à travers le prisme de ce qu’elle n’est pas encore. Regardons plutôt ce qu’elle devient : une génération plus ouverte sur le monde, plus entreprenante, plus structurée économiquement et consciente de son rôle dans la construction du Gabon de demain.
Selon lui , Cette évolution est encore discrète, mais elle mérite d’être accompagnée, encouragée et valorisée.