Jeux de hasard : l’Assemblée nationale examine un projet de loi pour encadrer le secteur au Gabon
Libreville, Le 20 Mai 2026 – Les députés de la Commission de la Planification, des Affaires économiques, de la Production et du Développement ont auditionné ce jour le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Adrien Nguema Mba, au Palais Léon Mba.
L’audition portait sur le projet de loi portant ratification de l’ordonnance n°0010/PR/2025 du 30 décembre 2025 relative à la réglementation des jeux de divertissement, d’argent et de hasard en République gabonaise.
Consacrer le monopole de l’État:
Pris sur le fondement des articles 94 et 99 de la Constitution, le texte s’inscrit dans la réforme engagée par les autorités pour réorganiser et renforcer l’encadrement du secteur. L’objectif principal est de consacrer le monopole de l’État dans l’exploitation des jeux de hasard.
Pour le ministre Nguema Mba, cette orientation résulte d’une évaluation approfondie du secteur. Il a pointé l’évolution rapide des activités liées aux jeux, portée par le développement des technologies numériques et l’essor des plateformes de jeux en ligne, ainsi que l’augmentation des flux financiers générés par le secteur.
Mieux encadrer et protéger les populations:
Le ministre a également relevé les limites du cadre juridique actuel, notamment en matière de traçabilité des opérations, de contrôle des acteurs et de sécurisation des recettes publiques. Il a attiré l’attention des députés sur les risques liés aux plateformes numériques opérant parfois depuis l’étranger : fraude, blanchiment de capitaux, évasion fiscale.
Au-delà des enjeux économiques et réglementaires, la réforme vise à renforcer la protection des populations, en particulier des mineurs, face aux risques d’addiction et aux conséquences sociales des pratiques excessives de jeux d’argent.
« La présente initiative vient consacrer une réglementation adaptée aux réalités actuelles du secteur des jeux de hasard dans notre pays, afin d’en assurer une régulation efficace, une meilleure traçabilité des flux financiers, une optimisation des recettes publiques et une extension du bassin d’emplois », a déclaré Adrien Nguema Mba.
Cette réappropriation du secteur par l’État doit permettre de prévenir toute activité contraire aux intérêts nationaux et de garantir une meilleure contribution de l’exploitation des jeux aux ressources publiques.