jeudi 30 octobre 2025 / /

*Procureur Eddy Minang aux commandes : les Bongo à la barre, le peuple veut voir la fin du film_*

Libreville, 29 octobre 2025.BWM- Il y avait du feu sous les toges, ce mercredi, au Palais de justice de Libreville. Le docteur Eddy Minang, procureur général près la Cour d’appel judiciaire, n’a pas mâché ses mots : fini le flou, fini les murmures. Place à la lumière crue sur le dossier le plus explosif de la décennie celui de Sylvia Bongo, son fils Noureddin et leur escouade de gestionnaires zélés du Trésor public.

Entre détournements XXL, trafics en série et fortune mal acquise en bande organisée, le feuilleton judiciaire a tout d’un roman noir sauf que cette fois, le peuple veut un vrai dénouement, pas un énième épisode sans fin.

D’un ton ferme et visiblement fatigué de répéter l’évidence, le Dr Minang a d’abord tenu à rassurer les Gabonais : « Tout se déroule dans le respect de la loi », a-t-il martelé, comme pour exorciser les fantômes des procès truqués d’hier. Autrement dit : le temps des passe-droits et des juges de salon est révolu.

L’homme a ensuite déroulé les faits comme un chirurgien qui ouvre une plaie : les citations ont été faites, les témoins convoqués, les avocats notifiés. Tout le monde est à sa place sauf, peut-être, ceux qui pensaient être au-dessus de la loi.

Mais là où le public a tiqué, c’est sur la fameuse citation à domicile de Sylvia et de son rejeton. Eh oui, la villa NAM à Akanda, cette forteresse du luxe, a désormais valeur d’adresse judiciaire. Ironie du sort : l’endroit qui servait à distribuer des millions servira peut-être bientôt à recevoir des convocations. Et quand le procureur cite l’article 422 du Code de procédure pénale, c’est comme s’il disait : “Vous pouvez fuir, mais pas échapper à la paperasse de la justice.”

Et puisqu’un bon drame a toujours sa touche d’absurde, l’unique avocate du duo infernal a refusé de coopérer avec le parquet. Une histoire de « secrétaire absente » ou de « cabinet indisponible » bref, la version juridique du “je ne suis pas là”. Le constat a été dressé « par voie de signe », preuve que même la justice a appris à communiquer en langage des fuyards.

Face à cette comédie judiciaire à rebondissements, le peuple, lui, ne rit plus. Des marchés aux carrefours, le Gabon bruisse d’une impatience contenue : « On a volé le pays, maintenant qu’ils rendent ! » Le 10 novembre prochain, quand s’ouvrira la session criminelle, toute la nation attendra le spectacle du siècle celui où la justice osera, enfin, se regarder dans le miroir.

Le Dr Minang a été clair : le parquet ne tremblera pas. Et s’il tient parole, ce sera une première victoire pour un pays qui a trop longtemps confondu immunité et impunité.

Alors oui, le 10 novembre, les Gabonais ne veulent pas des discours, mais du verdict. Pas du blabla judiciaire, mais le claquement sec des menottes sur les poignets de ceux qui ont cru que la République était un héritage familial.

Parce qu’après des années de silence, le peuple a faim, faim de justice, pas de promesses. Et cette fois, s’il y a un festin à préparer, qu’il soit servi chaud : au menu, la vérité, la loi, et quelques portions bien méritées de reddition des comptes.

© 2026 BEWOMAN MAGAZINE. Touts droits réservés. Fait par YUbile Technologie