Gabon/Le Ministère de l'intérieur donne des détails sur le processus électoral
Libreville le 16 Septembre 2025. BWM-Ministre Délégué auprès du Président de la Transition, chargé de l’Intérieur et de la Sécurité a fait une déclaration dans laquelle il explique le processus électoral. C’est dans cet esprit de transparence, de crédibilité et de rigueur démocratique, déjà éprouvé lors de l’élection référendaire de novembre 2024 et de l’élection présidentielle d’avril 2025,il a tenu sa déclaration
<<Nous avons entamé le processus électoral en cours, avec la mise des organes dédiés (Commission Nationale d’Organisation et de Coordination des Élections et du Référendum, Commissions électorales locales, Autorité de Contrôle des Élections et du Référendum, Commission spéciale pour l’Accueil et l’Encadrement des Observateurs), tout en procédant à la révision de la liste électorale>>.
Sur la liste électorale définitive
A l’issue de la phase de révision initiée du 14 juillet au 12 août 2025, nous avons enregistré les données suivantes :
18.170 nouveaux électeurs ;
124.472 changements de centre de vote ;
234 électeurs radiés à la suite d’une décision de justice ;
383 électeurs radiés pour cause de décès ;
13.682 électeurs dont les données ont été mises à jour ;
En ce qui concerne la période d’inscription exceptionnelle et de réclamations qui a pris fin le 10 septembre dernier, la liste définitive sera affichée sous peu, en respectant les délais prévus par la loi. Chaque électeur pourra consulter son inscription via le lien listelectorale.ga déjà opérationnel depuis les précédentes révisions de la liste électorale. Bien évidemment, nous procéderons également à l’affichage physique desdites listes.
<<Je tiens à préciser que la phase qui vient de se refermer ne tiendra compte que des électeurs ayant présenté des documents justifiant leur requête, car nous avons relevé un nombre particulièrement significatif de demandes introduites sans les justificatifs prévus par le code électoral>>.
Sur les listes de candidatures aux élections législatives et locales du 27 septembre 2025
Vous aurez constaté le caractère particulièrement complexe de l’exercice qui a été le nôtre, sans omettre, bien évidemment, les nombreuses difficultés auxquelles les compatriotes ont été confrontés.
A la différence des scrutins du 16 novembre 2024 et du 12 avril 2025, l’organisation des élections jumelées législatives et locales est un exercice extrêmement ardu, et le devoir d’exemplarité et de transparence attendu de nous comme lors des précédentes échéances, met davantage l’Administration organisatrice des élections devant une obligation de résultats à la hauteur des attentes du peuple gabonais.
Comme pour toute œuvre humaine, celle de la réception et du traitement des dossiers des candidatures ne fut pas une sinécure. Nous avons connu quelques difficultés dans la centralisation et l’examen des candidatures.
Face au caractère incomplet de certains dossiers de candidatures, le Gouvernement a consenti une prorogation exceptionnelle de deux jours. Cette mesure, motivée par l’esprit d’une démocratie inclusive, a permis aux candidats de régulariser leurs déclarations ou tout au moins d’être dans les dispositions pour le faire.
Jamais de mémoire de Gabonais, une élection n’aura connu pareil engouement au niveau des déclarations de candidature.
A l’issue des décisions rendues par les juridictions, Cour Constitutionnelle et Tribunaux administratifs, saisies des contentieux de candidature, je voudrais partager quelques chiffres :
pour les 145 sièges de députés à pourvoir, nous avons validé, plus de 800 candidatures (donc plus de 1.600 dossiers en tenant compte des suppléants) ;
pour les 3.078 sièges de conseillers locaux à pourvoir, nous avons validé plus de 18.000 candidatures. Dans le détail, ce sont 972 conseillers départementaux, 1.423 conseillers municipaux et 683 conseillers d’arrondissement.
Vous avez donc une idée de l’important volume de travail qui a été le nôtre. Je passe sous silence les longues heures, de jour comme de nuit, de mobilisation des équipes, tant au niveau des commissions locales, qu’au sein de la CNOCER et dans les services du ministère de l’Intérieur.
A cet effet, vous me permettrez de saluer cet engagement de tous et à remercier toutes ces Gabonais et tous ces Gabonais qui ont, avec une bonne ou une mauvaise fortune, choisi de répondre à l’appel de la vie politique, avec ses particularités, ses contraintes. Je salue votre patience, votre compréhension et votre foi dans notre capacité à tous de relever ensemble le défi de la consolidation démocratique de notre pays.
Eu égard à ce qui précède, et sur un plan plus pratique et opérationnel, nous allons procéder, compte tenu du nombre important de candidats dans certains sièges, à des aménagements de certains bureaux de vote afin d’accueillir aussi bien les scrutateurs que les représentants de candidats, les observateurs et les représentants de l’ACER.
Dans cette perspective, il sera demandé à chaque parti, groupement de partis politiques ou liste de candidats de ne désigner qu’un seul représentant pour les situations où la candidature concerne à la fois les législatives et les locales.
De même, le parcours de l’électeur dans un bureau de vote sera réorganisé pour permettre une entrée simultanée de deux électeurs, le premier suivant le circuit Élections Législatives et le second le circuit Élections Locales. Une fois le vote accompli et la signature sur la table d’émargement effectuée, les deux électeurs inverseraient leur parcours. En illustration, nous aurons les étapes suivantes :
Table de vérification de l’identité de l’électeur (présentation de la carte d’électeur, de la CNI ou du passeport) ;
Table de décharge (enveloppes accolées, bulletins de vote des candidats pour les élections législatives/locales)
Isoloir
Table de vote (urne, textes de loi et autres documents officiels)
Table d’émergement (liste d’émargement)
Table de marquage (date et marquage à l’encre indélébile)
Circuit inverse
A l’issue de la formation dispensée aux commissaires électoraux, des formations seront également adressées aux scrutateurs, afin qu’ils s’imprègnent des éléments essentiels pour la bonne tenue d’un bureau de vote.
Une communication sera de même portée sur une vulgarisation de ce parcours de l’électeur. Les médias que vous êtes, serez mis à contribution dans ce sens.
Sur la campagne électorale
Nous nous apprêtons à entrer dans la phase décisive de la campagne électorale, qui s’ouvrira ce mercredi 17 septembre à zéro heure et s’achèvera le vendredi 26 septembre à minuit. Ce moment privilégié offrira à chaque candidat l’opportunité d’engager un échange franc avec les populations pour solliciter le suffrage des électeurs. Cet exercice doit se faire dans le respect scrupuleux des dispositions légales c’est-à-dire, sans invectives ni injures ; la vitalité et la crédibilité de notre démocratie est aussi à ce prix.
La campagne électorale, en tant que moyen par excellence pour tout candidat de se déployer et de convaincre les électeurs à voter pour lui est consacrée par le code électoral sous réserve des prescriptions relevées ci-dessus.
Le dispositif combine :
• Liberté garantie (articles 90, 93),
• Égalité assurée (articles 91, 96, 98, 103),
• Interdictions strictes pour préserver l’ordre public et l’intégrité du scrutin (articles 99 à 102).
<<Je rappelle que le code électoral prévoit de sanctionner toute incitation à la violence et aux troubles à l’ordre public, ainsi que toute entrave, par des procédés divers, à la liberté d’aller et venir des candidats ainsi que la conduite de leur campagne. Au titre des discours et actes prohibés par le code électoral en son article 102, figure notamment l’interdiction de campagnes, affiches, harangues, professions de foi :>>
• à caractère séditieux, diffamatoire ou injurieux,
• à caractère régionaliste, ethnique, racial, sexiste,
• incitant à la violence, la fraude, la corruption, la désobéissance civile,
La portée de ces élections est considérable. Elles permettront l’installation de la première Assemblée nationale de la Ve République et le renouvellement des conseils locaux, socle de la démocratie de proximité et instrument de la gouvernance territoriale. Elles conditionneront également la composition du Sénat, garant de l’équilibre institutionnel.
Le 27 septembre 2025 engage donc pleinement l’avenir politique, institutionnel et social de notre pays.
Pour assurer une transparence totale conformément au code électoral, et comme cela fut fait lors de l’élection présidentielle, le dépouillement se déroulera bureau par bureau, en présence des représentants des partis, des candidats, des médias ainsi que des missions d’observation électorale. A ce jour, ce sont près de 1.500 observateurs électoraux déjà enregistrés. Une « nuit électorale » sera organisée afin de garantir une diffusion continue et publique des résultats provisoires.
Mesdames et Messieurs,
Vous le constatez aisément. Les standards sont assez robustes pour que nous puissions, au soir du 27 septembre, apprécier tous ensemble le niveau de transparence et de crédibilité atteint par notre démocratie.
Le Ministère de l’Intérieur et la CNOCER, fidèles aux orientations du Président de la République, réaffirment avec gravité et détermination leur engagement pour un scrutin dans des conditions d’intégrité, de rigueur et de paix. Ce rendez-vous historique constituera une nouvelle étape décisive dans la construction et le renforcement de la Ve République et dans l’affermissement du lien de confiance entre le peuple et ses Institutions.
Le 27 septembre ne sera pas seulement un jour de vote ; il sera l’illustration éclatante de la maturité démocratique de notre Nation et le témoignage vivant de la responsabilité collective des Gabonaises et des Gabonais. C’est dans cet esprit que l’invitation est adressée à tous (acteurs politiques, société civile, électeurs, observateurs et médias) à s’approprier ce moment, à y contribuer avec loyauté et dignité, afin que notre pays sorte davantage grandi de cette étape majeure de son histoire.
Je vous remercie.