AGASA SE RÉFORME : LE DG BIYOGUE BI NTOUNGOU ANNONCE LA FIN DE LA CRISE ET UN NOUVEAU CAP POUR LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE
LIBREVILLE, Le 15 Juillet 2026. BMW– Critiquée, secouée par des rumeurs de "gouvernance bicéphale" et de malversations, l’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire, AGASA*, brise le silence. Face à la presse, son Directeur Général, le Dr Jean Delor Biyogue Bi Ntoungou, tire un trait sur le passé et présente le bilan d’une vaste restructuration lancée depuis 2023. Objectif : faire de l’AGASA une "référence africaine" et rendre aux Gabonais une alimentation plus sûre.
Pendant des mois, l’AGASA a été pointée du doigt pour un management flou. En cause : une délégation de pouvoirs trop large accordée au Directeur Général Adjoint.
« _Cette situation laissait croire à une double gouvernance_ », reconnaît le DG. Pour y mettre fin, il a repris la main. « _J’ai retiré au DGA les missions que je lui avais moi-même confiées. Aujourd’hui, tout est rentré dans l’ordre_ ».
Le DGA conserve ses prérogatives statutaires, mais la chaîne de décision est désormais unique. Pour le Dr Biyogue Bi Ntoungou, c’était la condition n°1 pour engager des réformes efficaces. « _Toute organisation peut connaître un flottement. L’important est de le corriger_ ».
Autre point sensible : les finances. Sur les réseaux sociaux, l’Agence a été accusée de détournement. Le DG balaie d’un revers de main : « _spéculation, mensonge et pure diffamation_ ».
Son argument est chiffré. A son arrivée en 2023, l’AGASA disposait de 1,9 milliard FCFA de réserves. Après des mesures de rigueur, la situation s’est améliorée.
La grande réforme : *la fin de la manipulation directe des fonds*. Désormais, toutes les recettes collectées sont versées directement au Trésor Public. L’Agence fonctionne avec un système de traçabilité renforcé. « _On ne peut pas parler de malversation dans une agence dont les ressources sont en progrès et dont les comptes sont audités_ », tranche-t-il.
La réforme touche aussi le terrain. L’AGASA a revu à la hausse le niveau de ses équipes de contrôle. Chaque brigade compte désormais 5 agents, dont 2 qualifiés et assermentés en hygiène et sécurité alimentaire*.
Objectif : assurer une couverture du lundi au vendredi sur l’ensemble des marchés, usines et points de vente. Pour y arriver, 62 agents ont suivi une formation intensive de 3 semaines. Parmi eux, d’anciens "techniciens de surface" diplômés qui ont bénéficié d’une mobilité interne après certification.
« _Il y avait des licenciés et des techniciens supérieurs qui faisaient le ménage. Nous les avons requalifiés_ », se félicite le DG. 42 étudiants sont par ailleurs encadrés via des conventions avec des écoles et universités gabonaises, avec une perspective d’embauche.
Avec des brigades plus professionnelles, l’AGASA durcit le ton. Le message est clair : plus de compromis sur la santé publique.
Premier chantier : les produits artisanaux. La commercialisation du bissap, du lait caillé et des jus de fruits faits maison a été suspendue. Motif : fabrication dans des conditions non conformes, et surtout utilisation d’emballages plastiques récupérés en décharge. Près de "1800 opérateurs de l’informel" sont concernés. L’Agence leur a remis un guide de bonnes pratiques. Seuls ceux qui se mettront aux normes pourront reprendre.
Deuxième chantier : la rue. 6 Gabonais sur 10 consomment des aliments de rue. L’AGASA prépare des guides spécifiques pour les accompagner. En revanche, la vente de viande dans des brouettes est désormais "définitivement proscrite".
Interrogé sur le dossier Sobraga et les suspicions de non-conformité, le DG appelle à ne pas céder à la panique. « _Une non-conformité ne veut pas dire danger. Une norme varie d’un pays à l’autre selon les réalités de santé publique. Ce qui pose problème en France ne l’est pas forcément au Gabon_ ».
Des analyses approfondies sont en cours. De nouvelles directives, basées sur les données locales, seront publiées prochainement.
Derrière ces réformes, une ambition : redorer le blason de l’AGASA et regagner la confiance des consommateurs. « _Nous nous battons pour faire de l’AGASA une référence africaine en matière de sécurité alimentaire_ », martèle le Dr Biyogue Bi Ntoungou.
Entre assainissement des comptes, professionnalisation des agents et régulation du marché informel, l’Agence veut passer du statut de "police des marchés" à celui de garant de la santé publique.
Le défi est de taille. Mais pour le DG, les fondations sont désormais posées. Reste à prouver sur le terrain que l’assiette du Gabonais est mieux protégée qu’hier.