samedi 11 juillet 2026 / /

Gabon/DOUANES CEMAC : 18 jeunes Gabonais formés, validés par 5 ministres, mais toujours sans poste

Libreville, 11 juillet 2026 . BMW – Ils ont réussi le concours. Ils ont payé leur formation. Ils sont rentrés majors. Mais trois ans après, ils attendent toujours d’être intégrés. 18 jeunes Gabonais, diplômés de l’École Inter-États des Douanes de la CEMAC, dénoncent un blocage administratif incompréhensible.

Leur dossier a reçu l’aval de 5 Ministres. Dont le Premier ministre de la Transition. Pourtant, rien ne bouge. Une situation qui met à nu deux maux de l’administration gabonaise : "l’insubordination et la discontinuité de l’État".


 Le parcours : formés à leurs frais, brillants, et bloqués au pays

Admis au concours d’entrée à "l’École Inter-États des Douanes de la CEMAC en 2021" en qualité de candidats externes, ces jeunes ont suivi une formation à la fois académique et militaire à Djibloho, en Guinée équatoriale . Par la suite, ils ont effectué leurs stages pratiques au Cameroun avant de regagner le Gabon en 2023 .

 Ces jeunes ont démontré leur détermination et leur excellence. Le major et le vice-major de la promotion sont issus de leurs rangs . Ils ne demandent pas une faveur. Ils demandent leur droit à servir.

 5 feux verts ministériels,  mais toujours au point mort:

De retour au pays, ils ont immédiatement engagé les démarches nécessaires en vue de leur intégration dans la fonction publique, mais en vain.

Les démarches entreprises:

Ainsi, l’ancien Ministre de la Fonction publique,  monsieur Raphaël Ngazouzé, s’est prononcé favorablement pour leur recrutement sur titre, en se référant à la "loi n°1/2005 du 04 février 2005 portant statut général de la fonction publique.

De plus,  Le Premier Ministre de la Transition,  Mr .Raymond Ndong Sima, a instruit le Ministre de l’Économie et des Participations, Mays Mouissi, de prendre les dispositions utiles pour les recruter.

  En retour, Mays Mouissi a saisi son collègue en charge de la Fonction publique pour le traitement des dossiers.

  Plus tard, un troisième Ministre de la Fonction publique, retrouvant ce dossier en souffrance, a à son tour interpellé le Ministre de l’Économie sur la lenteur observée.


Le constat est amer : Quel est le véritable blocage qui empêche l’aboutissement de ce dossier ? Comment comprendre qu’un dossier ayant recueilli l’approbation successive de 5 Ministres demeure, à ce jour, sans suite ?

 Deux maux qui paralysent l’administration gabonaise:

Cette situation met en exergue deux problèmes que connaissent nos administrations :

-L’insubordination : Un Premier Ministre ne peut pas instruire un dossier et par la suite rien n’est fait. Où est passée l’autorité de l’État ?

-La non-continuité des administrations : Une fois le signataire démis de ses fonctions, on met les dossiers « gênants » aux oubliettes. Le service public ne peut pas dépendre d’un nom. Il doit dépendre d’une signature de la République.

À cela s’ajoute le silence. « Son appel qu'il a pu nous faire et jusqu'à ce jour, il ne nous a pas reçus malgré les demandes d'audience qu'on a pu déposer  », confie l’un des jeunes, évoquant un Ministre.


 Les raisons qui plaident en leur faveur : mérite et économie.Il existe pourtant plus d’une raison de reconnaître le droit de ces jeunes à être intégrés :


-Le mérite : Major et vice-major de promotion. La preuve que le Gabon a formé l’élite.

-L’économie pour l’État : Ils se sont formés à leurs propres frais. Or, chacun sait combien une telle formation coûte à l’État. Leur recrutement constituerait donc une réelle économie pour les finances publiques. Le Gabon a des douaniers qualifiés, prêts à l’emploi, pour 0 FCFA de formation.

Ces jeunes étudiants gabonais lancent donc un appel au Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema afin qu'il leur viennent en aide.

« _Vous qui avez fait de la lutte contre le chômage des jeunes une priorité nationale et qui vous êtes engagé à donner sa chance à la jeunesse gabonaise, nous vous sollicitons pour qu’une issue favorable soit donnée à ce dossier. Car derrière ces 18 jeunes, ce sont 18 familles qui attendent.».


En définitive, ces  jeunes étudiants Formés, Brillants, Validés par 5 ministres puis Bloqués. Le dossier des 18 douaniers de la CEMAC n’est pas un cas juridique. C’est un test. Le test de la capacité de l’État à exécuter ses propres décisions ,  à  encourager le mérite, et à ne pas gaspiller les compétences qu’il a déjà acquises.

La Vᵉ République aurait promis la rupture. Elle commence quand un dossier instruit par le Premier Ministre ne finit pas dans un tiroir.



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