Laurence NDONG secoue la machine administrative : fini les couloirs interminables, place au service des citoyens
Le Mercredi 24 juin 2026. BWM -Libreville a célébré la Journée internationale du service public sous le thème : « Capital humain, innovation et performance : bâtir une administration publique moderne au service des citoyens ». Une journée qui, au-delà du cérémonial républicain, a surtout servi de tribune pour réaffirmer les grandes ambitions des plus hautes autorités en faveur d’une administration plus performante, plus humaine et davantage tournée vers les attentes des Gabonais.
Placée sous la représentation du Président de la République, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, la cérémonie a été présidée par le Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, en présence de la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, Laurence Ndong, des membres du gouvernement, des responsables des administrations publiques, du corps diplomatique ainsi que de nombreux agents publics.
Dans une allocution à la fois pédagogique et volontariste, Hermann Immongault a rappelé une évidence souvent répétée, mais rarement mise en pratique : aucun pays ne peut prétendre au développement sans une administration performante.
Le Vice-Président du Gouvernement a insisté sur le fait qu’une administration lente constitue un frein à la croissance économique, qu’une administration inefficace décourage les investisseurs et qu’une administration éloignée des citoyens fragilise la confiance entre l’État et la population.
Des mots forts qui traduisent une volonté politique assumée : faire de la modernisation administrative l’un des piliers du projet de transformation nationale porté par le chef de l’État.
Le message est clair :<< le Gabon de demain ne pourra plus fonctionner avec les réflexes administratifs d’hier>>.
Prenant la parole à son tour, madame Le Ministre Laurence Ndong a livré un message empreint de réalisme.
Pour elle, la force d’une administration ne se mesure ni à la taille des bâtiments administratifs ni à l’épaisseur des procédures bureaucratiques, mais à la qualité des femmes et des hommes qui la composent.
Elle a rendu un hommage appuyé aux agents publics qui, souvent dans l’anonymat, assurent quotidiennement la continuité de l’État et le fonctionnement des institutions.
L’occasion était également propice pour présenter l’une des principales innovations de cette édition : le Village du Service Public.
Pendant deux jours, cet espace permettra aux citoyens de découvrir les missions des différentes administrations, d’accomplir certaines démarches administratives et d’échanger directement avec les responsables des services concernés.
Une initiative qui traduit la volonté de rapprocher l’administration des administrés et de réduire cette distance qui, pendant de nombreuses années, a parfois donné aux usagers l’impression que certains bureaux administratifs fonctionnaient davantage comme des labyrinthes que comme des espaces de service public.
Moment particulièrement symbolique de cette journée : l’intervention des représentants des agents publics.
Dans un discours sobre, mais lucide, ils ont exprimé leur fierté de servir la République tout en rappelant une réalité bien connue : derrière chaque document délivré, chaque salle de classe ouverte, chaque patient pris en charge ou chaque dossier traité, se trouvent des femmes et des hommes qui travaillent parfois dans des conditions difficiles.
Ils ont salué les efforts entrepris par les autorités tout en reconnaissant que beaucoup reste encore à accomplir pour améliorer durablement les conditions de travail des fonctionnaires.
Un rappel opportun qui montre qu’une administration performante ne se décrète pas à coups de slogans ; elle se construit à travers des investissements continus, des formations adaptées et une meilleure valorisation du capital humain.
Cette célébration intervient dans un contexte où le gouvernement multiplie les annonces en faveur de la transformation numérique et de l’amélioration des services publics.
Les trois piliers mis en avant durant cette journée capital humain, innovation et performance apparaissent désormais comme les nouvelles boussoles de l’action publique.
Car si les discours dessinent une trajectoire ambitieuse, le véritable défi réside dans leur application quotidienne.
Les usagers ne demandent pas des miracles ; ils espèrent simplement des procédures simplifiées, des délais raisonnables, des services accessibles et des administrations accueillantes.
En somme, ils souhaitent que l’expression « service public » retrouve tout son sens.
Cette Journée internationale du service public aura surtout rappelé qu’une administration moderne ne se limite pas à l’informatisation des bureaux ou à la digitalisation des procédures.
Elle exige une profonde révolution des mentalités:
Car le véritable enjeu n’est pas seulement de numériser les formulaires, mais de transformer la relation entre l’administration et le citoyen.
Reste désormais à faire en sorte que les promesses prononcées dans les salles de conférence trouvent un prolongement concret dans les guichets administratifs.
Car, au fond, le citoyen ne demande pas une administration extraordinaire ; il souhaite simplement une administration qui réponde lorsqu’on la sollicite, qui accompagne lorsqu’on en a besoin et qui serve avant tout l’intérêt général.
Et c’est peut-être là la plus grande réforme à accomplir : faire en sorte que le service public soit réellement au service du public.
Par Guy vianney NGOSSANA