lundi 15 juin 2026 / /

Valeurs et habillement : Des voix gabonaises tirent la sonnette d’alarme face à la "crise morale"

Libreville, Le 13 Juin 2026. BWM - Le l'association fashion Distinction a organisé une conférence débat sur le thème :<<Les exigences de la modernité,une menace pour notre héritage culturel>>. Une journée dédiée aux femmes qui s'est déroulée à la chambre de commerce de Libreville.

A l'ordre du jour, conférence- Debat, visite des stands, exposition puis  un défilé de mode illustrant la manière dont nos jeunes femmes doivent  se vêtir à l'air de la 5 ème République.

Cette cérémonie fut Honorée par la présence d'illustres personnalités comme l'ancienne Président du Sénat, madame Paulette MINSSAMBO, Mme Honorine NGOU, enseignante et écrivain, de madame Madame Ngondet Berthe  l'initiatrice du projet, puis de Mme Aurélia MONBEY Ep Lebonda Massala , membre de cette association.


"S’habiller de manière décente, qui peut être à la mode mais qui reste décente". Cette phrase de Madame Honorine Ngou résume un débat qui agite plusieurs femmes gabonaises : celui du retour aux valeurs, à l’heure des réseaux sociaux et de la "génération TikTok".

Lors d’une rencontre citoyenne, des mamans, mamies et pédagogues ont exprimé leur inquiétude face à ce qu’elles qualifient de "crise des valeurs" dans la société gabonaise.


La femme, "socle de la famille" en question:

Pour Madame Honorine Ngou, l’urgence est éducative. « Dans une société qui connaît une crise des valeurs, c’est inquiétant !!! Il faut que nous agissons en tant que maman, mamies, pédagogues, que nous tirions la sonnette d’alarme pour que le Gabon de demain soit fait de femmes dignes et respectables », a-t-elle expliqué.

Selon les participantes, la femme reste le socle de la cellule familiale. Sans repères transmis par les mères, la famille se fissure. Elles pointent plusieurs causes : démission éducative de certains parents, abandon des foyers par des hommes qui "vont chercher une femme plus jeune", et influence grandissante des réseaux sociaux.

Résultat : des "enfants de la rue" qui gèrent leur vie trop tôt, sans repère. Et cette "génération TikTok" qui vit et imite tout ce qu’elle voit sur son téléphone, y compris les expériences de la modernité.


Vers une loi sur l’habillement féminin ?

Face au constat, les femmes réunies en sont arrivées à une proposition forte : l’adoption d’une loi sur l’habillement de la femme. 

L’idée défendue : si les femmes gabonaises étaient convenablement vêtues, elles serviraient d’exemple à leur progéniture. Un exemple qui se transmettrait de génération en génération.


Le dialogue intergénérationnel comme piste:

Madame Paulette Minssambo propose une autre voie, complémentaire : le dialogue. « Le transfert inter générationnel est très important, il est nécessaire de voir dans quelle mesure cela peut être transmis, soit dans les écoles, soit au quartier etc. », souligne-t-elle.

Pour elle, la solution passe moins par l’interdit que par la transmission. Expliquer, échanger entre mamans, mamies et jeunes filles, à l’école comme dans les quartiers.


Un débat ouvert:

Le sujet divise autant qu’il interroge. Entre liberté individuelle, expression de mode, respect des traditions et responsabilité éducative, la question de l’habillement touche à l’identité et aux valeurs de la société gabonaise.

Si les réseaux sociaux amplifient les conséquences, selon les intervenantes, la réponse ne peut se limiter à une journée. Comme le rappelle Madame Ngou : il faut agir maintenant pour façonner le Gabon de demain.



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