dimanche 15 mars 2026 / /

Gabon/Quand la patience atteint son paroxysme : Les Femmes brisent le silence et revendiquent leurs droits

Libreville, Le samedi 14 mars 2026.BWM- à 9h30 précises enfin, à l’africaine le Club House s’est transformé en véritable agora féminine. À l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, la Plate-forme Horizon, en collaboration avec le Réseau des femmes professionnelles maritimes et portuaires du Gabon, le Club des femmes ogivines, WOMEN IN LOGISTICS-AFRICA et BPW, a organisé une conférence aussi vibrante qu’inspirante autour d’un thème qui ne laisse personne indifférent : « Droit, Justice, Action pour toutes les femmes et filles ».

Dans une société où l’on rappelle encore trop souvent aux femmes leurs devoirs avant leurs droits, cette rencontre avait quelque chose d’un acte de résistance douce. Un moment où la parole féminine ne demandait pas la permission d’exister.

Dès les premières interventions, l’atmosphère était à la fois sérieuse et chaleureuse. Sérieuse, parce qu’il était question de droits, de justice et de combats encore loin d’être terminés. Chaleureuse, parce qu’entre deux prises de parole, les sourires, les encouragements et les applaudissements rappelaient que la solidarité féminine n’est pas un simple slogan.

Le programme, structuré autour de deux panels, a réuni plusieurs intervenantes de renom, parmi lesquelles Madame ABIDI ADIAHENOT Adeline, Madame Greta MARAT-ABYLA TCHANDI, Madame Annine MEZU, Madame Gessyska MENGUE M’ELLA EKOGHA et bien d’autres voix engagées. Chacune, à sa manière, a apporté une pierre à l’édifice d’une réflexion collective sur la place des femmes dans la société.

Mais s’il y a un moment qui a particulièrement marqué l’assistance, c’est bien l’intervention de la juriste Greta MARAT-ABYLA TCHANDI. Avec la précision d’un scalpel juridique et la conviction d’une militante, elle a longuement insisté sur la loi 06/2021, relative aux violences faites aux femmes. Une loi qui existe heureusement mais que beaucoup ignorent encore malheureusement.

Car oui, ironie de notre époque : on peut connaître par cœur les paroles d’une chanson à la mode, mais ignorer les lois qui protègent sa propre dignité.

Son message était clair : les droits ne servent à rien s’ils dorment dans les tiroirs de la République. Ils doivent être connus, revendiqués et appliqués.

Au-delà des discours, la conférence s’est également distinguée par des échanges riches, des partages d’expériences parfois bouleversants et des moments de convivialité qui ont transformé cette rencontre en véritable espace de sororité. Les participantes ont pu réseauter, apprendre les unes des autres et, surtout, se rappeler qu’aucune femme ne devrait avancer seule dans le combat pour l’égalité.

L’un des objectifs majeurs de cette initiative était aussi d’encourager les femmes à se lancer dans l’entrepreneuriat. Car, comme l’ont souligné plusieurs intervenantes, l’autonomie économique reste l’une des clés fondamentales de l’émancipation.

En filigrane, une vérité simple mais puissante s’est imposée : les droits des femmes ne sont pas une faveur accordée par la société. Ils sont une évidence que l’histoire a trop longtemps retardée.

En quittant le Club House ce samedi matin, beaucoup de participantes avaient le sentiment d’avoir vécu bien plus qu’une simple conférence. C’était un rappel, presque un réveil : celui d’une génération de femmes décidées à ne plus demander leur place, mais à la prendre.

Et si certains pensent encore que ces rencontres ne changent rien, qu’ils se rassurent : l’histoire prouve que les grandes révolutions commencent souvent par des conversations.

Guy vianney NGOSSANA

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