Religion/« Le Gabon attend voir les Femmes prophétiques se lèver »
Libreville, au quartier Ambowe, le Samedi 20 décembre.Pendant que certains débattaient encore pour savoir si la femme devait parler ou se taire, les femmes prophétiques, elles, parlaient fort et clair. Au quartier Ambowé, une conférence-débat initiée par l’International Movement of Prophetic Women for the *Healing* of the Nations (IMPROWHEN), fondé en 2024 par *l'Apôtre Elysée PIEBI epse MOUKOUANGUI* a rappelé à la Nation une vérité souvent étouffée : la femme n’est ni décorative, ni accessoire, elle est stratégique.
*A l'occasion du 1er anniversaire de lancement de cette plateforme*,sous le thème central « Le positionnement apostolique et prophétique de la femme dans la Nation », et *les sous-thèmes des Masterclass partant du rôle d'un député, à la Formalisation d'Entreprise et les outils de Gestion des structures* , la rencontre avait un objectif simple mais ambitieux : édifier, fortifier et réveiller. Réveiller surtout une société qui, parfois, préfère la femme silencieuse à la femme influente.
La première à ouvrir le feu fut Mme Lidwine Staelle NGOUNDJI, avec un discours politique sans huile ni encens superflu. Selon elle, une femme prophétique doit avoir accès aux ressources : santé, éducation, politique. Pas de ministère fort dans un corps faible, ni de vocation nationale sans stabilité personnelle.
« Une femme qui veut faire de la politique doit avoir sa propre maison », a-t-elle lancé, rappelant que l’engagement public exige équilibre mental et physique. Elle a surtout posé la question qui dérange :
combien de chrétiens ont construit des écoles ou des hôpitaux ?
Et pendant que la Nation attend, les sphères de décision restent souvent occupées par ceux qui prient peu mais décident beaucoup.
- Ésaïe 49:6 était convoqué comme pièce à conviction.
Avec Mme Danielle NDONG, le ton change mais le message reste tranchant : la femme prophétique entreprend. Elle fait des affaires, épargne, crée des partenariats. Autrement dit, elle comprend que la foi sans stratégie économique finit souvent en prières prolongées.
Pasteur Judith POATY a recentré le débat sur la famille, rappelant que la femme est aide semblable, *co-pilote* et non passagère. Créée à l’image de Dieu, elle complète l’homme, elle ne le combat pas.
« Quand une femme combat son mari, elle se combat elle-même », a-t-elle martelé, Bible à l’appui (Proverbes 31 ; Juges 4:4). Un message clair à l’ère où certains foyers ressemblent plus à des champs de bataille qu’à des alliances sacrées.
Moment particulièrement marquant : l’intervention du Pasteur Marlène TCHOUA épouse KASSA, qui a donné les 12 outils de la bonne gestion du ministère. Et là, fini le mysticisme flou : place aux dossiers, aux archives, aux bilans, aux CV et à la succession.
Vision, stratégie, cadre juridique, comptabilité, rémunération, avantages sociaux, gestion des risques, analyse SWOT…
Un rappel salutaire que le Saint-Esprit n’est pas allergique à l’organisation, et que si les prophètes n’avaient pas eu de scribes, la Bible serait restée orale.
Son message était limpide : un ministère ne doit pas mourir avec son leader, et un pasteur affamé ne peut pas prier efficacement.
Pour conclure, la *Prophétesse* Marina NGUIMBI a ramené tout le monde à l’essentiel : la santé.
« Sans la santé, rien ne peut être fait », a-t-elle insisté, s’appuyant sur Ézéchiel 37:1-20, la vision des ossements desséchés. Une métaphore puissante pour rappeler que même la vocation la plus élevée a besoin d’un corps vivant.
À Ambowé, ce samedi-là, les femmes prophétiques n’ont pas seulement prié : elles ont pensé, structuré et projeté la Nation.
Un message mordant pour ceux qui confinent encore la femme à l’arrière-plan :
la femme prophétique n’attend plus l’autorisation, elle prend position.
Et pendant que le Gabon cherche des solutions, certaines réponses étaient peut-être déjà là dans la salle.
Guy Vianney NGOSSANA