Préférence nationale : le CDD à Gab Oil, l'outil du non-respect de la parole présidentielle
Libreville, le 25 Octobre 2025. BWM- Licenciée abusivement par son employeur, la société Gab’oil, Cécile incarne la lutte pour la reconnaissance des droits des travailleurs dans un système qui semble encore obsolète.Dans un Gabon en pleine mutation politique, marqué par l’arrivée de la Cinquième République, les promesses de dignité et de justice résonnent dans les discours du président Brice Clotaire Oligui Nguema.Pourtant, la réalité vécue par de nombreux compatriotes, comme Cécile, témoigne d’une tout autre histoire.
Cécile, après avoir reçu une offre d'emploi de Gab’oil le 19 juillet 2022, a commencé à travailler le 27 juillet. Cependant, ce qui devait être le début d'une carrière prometteuse s’est rapidement transformé en un parcours semé d’embûches. En effet, elle a été contrainte de signer un contrat à durée déterminée (CDD) de six mois seulement quinze jours après avoir commencé à travailler.
Les dates de fin de contrat n’ont jamais été respectées, et Cécile s’est retrouvée à travailler sans interruption, souvent pendant plusieurs jours, avant de signer un nouveau contrat. Cette situation, loin d’être exceptionnelle, soulève des questions fondamentales sur le respect des droits des travailleurs au sein de cette entreprise.
En juin 2024, la direction de Gab’oil a décidé de mettre fin à son contrat, lui notifiant qu’elle devait cesser de travailler dès le 1er août. Or, en consultant son bulletin de paie, Cécile a découvert que son ancienneté s'élevait à deux ans et deux mois, dépassant largement la durée maximale d’un CDD.
Cette incohérence l’a poussée à solliciter l’intervention de l’inspection du travail, qui a reconnu la légitimité de ses revendications. Malgré cela, Gab’oil a refusé de concilier et a choisi de se défendre devant le juge, engageant Cécile dans un long processus judiciaire.
La situation de Cécile n’est pas simplement celle d’un conflit entre un employé et son employeur. Elle est le reflet d’un système qui, malgré les promesses de changement, continue de maintenir des pratiques injustes.
Lors de la dernière audience, son avocat a demandé à Gab’oil de lui verser ses droits acquis, soulignant que Cécile est une mère de famille qui a besoin de soutien pour subvenir aux besoins de ses enfants. Malheureusement, l’entreprise a choisi de prolonger le conflit, repoussant l’audience à la rentrée judiciaire, ignorant ainsi les conséquences de ses actions sur la vie de Cécile et de sa famille.
La situation de Cécile soulève des interrogations cruciales sur l’engagement du gouvernement à garantir la dignité des Gabonais. Pourquoi des entreprises comme Gab’oil continuent-elles à ignorer les lois du travail, en utilisant des codes obsolètes, alors que le nouveau code du travail, promulgué en novembre 2021, vise à protéger les droits des travailleurs ? Ce décalage entre les discours politiques et la réalité vécue par les citoyens est alarmant.
Cécile, dans sa quête de justice, ne cherche pas à entrer dans un combat inutile. Elle souhaite simplement être reconnue pour son travail et recevoir ce qui lui est dû. Son appel ne se limite pas à sa situation personnelle ; il résonne comme un cri de ralliement pour tous ceux qui souffrent en silence, victimes d’injustices similaires. Elle demande au président Oligui Nguema d’examiner de près les pratiques des entreprises publiques et parapubliques pour s’assurer qu’elles respectent les politiques qu’il a mises en place.
La dignité des travailleurs ne devrait pas être un simple slogan politique, mais une réalité tangible pour chaque Gabonais. Cécile représente des milliers d'autres qui, comme elle, se battent pour leur survie et celle de leurs familles dans un environnement de travail souvent hostile. La nécessité d’un changement structurel et d’une application rigoureuse des lois du travail est plus pressante que jamais.
L’affaire Cécile est emblématique d’un besoin urgent de réforme au sein des entreprises gabonaises. Elle incarne la lutte pour la dignité, la justice et le respect des droits des travailleurs.
Il serait temps que les promesses du président Oligui Nguema se traduisent en actions concrètes qui protègent les Gabonais contre l’injustice et l’abus. Cécile, comme tant d’autres, mérite d’être entendue et respectée. La dignité des Gabonais ne doit pas être un luxe, mais un droit inaliénable.