mercredi 01 octobre 2025 / /

Fiasco électoral : « FC Procuration » en mode intelligence artificielle de la victoire

Libreville, le 30 septembre 2025.BWM- Pathétique, Pitoyable, Honteux,Pitié pour une démocratie qui ne tient que sur une jambe de bois. Et qui est loin de véritablement marcher. La fraude électorale à haute dose vient de donner un sérieux coup de l’indignité des futurs parlementaires du Palais Léon Mba.

Sur leur écharpe, les plus méchants ne manqueront pas d’y accoler : « député élu par procuration ». La moquerie déjà en vogue, « FC Procuration » devient virale sur les réseaux sociaux. Vont-ils plastronner ou rouler les mécaniques dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale ou au quartier ? Ce qui n’est pas sûr.

Il n’y a rien à dire. L’organisation chaotique, pour ne pas dire bordélique, des élections couplées du 27 septembre vient peindre en noir cette transition dont tout le monde pensait qu'elle prendrait un sérieux et bon virage.

Malheureusement, à l’évidence de tout ce qui s’est passé samedi dernier, on se rend compte que le logiciel de la fraude, si l’on a cru qu’il a fait une mise à jour en période transitoire, le virus de ma tricherie électorale scientifique est resté bien en place.

L'on pense même que l’intelligence artificielle a été dépassée par les as de la fraude électorale. Avec en vedette, la procuration qui est devenue l’atout-maître de la victoire, sans coup férir. Sans casser son corps. Et on est content. On est présumé – en attendant la confirmation de la Cour constitutionnelle – élu du peuple. L’essentiel a été fait.

La démocratie gabonaise est en mode reculons.   Et on se gargarise de dire tout heureux à l’opinion que tout s’est bien passé. À l’heure des réseaux sociaux, où toute la faune de tous les modes opérateurs de fraude a été dévoilée à la face du monde, on se plaît ou se complaît dans la bêtise.

Les âneries sont au rendez-vous. Là où la retenue et l’humilité recommandent de ne rien dire. On voudrait même prendre les Gabonais pour des naïfs congénitaux.

L’envie de gagner à tout prix est à mettre au compte de cette fraude grandeur nature, qui fait des heureux élus qui en auraient bénéficié, des vainqueurs à se cacher le visage avec un cache-sexe. Inutile de pavoiser ou de faire des roulements de tambours. On ne peut se satisfaire d’avoir porté l’estocade dans une transition saluée par tout le monde, après les scrutins du référendum du 16 novembre 2024 et présidentiel du 12 avril 2025. Au point de désenchanter plus d’un Gabonais qui pensait avoir été épargné par ces tares du régime déchu.


Y a-t-il donc eu le kévazingo qui cache la forêt des abeilles, avec l’organisation réussie du référendum et de l’élection présidentielle ? On peut répondre par l’affirmative, au regard de ce tsunami de fraude électorale jamais connu au Gabon. Même du temps de l’ancien régime des Bongos, on avait vécu un tel exploit de fraude, via la délivrance des procurations. Comment dans une circonscription, on pouvait avoir plus de 2000 procurations ? C’est à croire qu’il y avait des électeurs cloués sur les lits d’hôpitaux partout dans le pays, et d’autres empêchés d’être sur place, au point que leurs mandataires ont déferlé avec leurs procurations dans les urnes. Pire : même des défunts ont voté par « procuration ». Faut-il en rire ou en pleurer ?


À côté des moyens roulants des transports publics et privés mis à contribution pour le transport du bétail électoral ou des mercenaires, pour aller gonfler le corps électoral par dix, voire cent, pour des circonscriptions jamais animées, car les habitants ne dépassant pas 500 personnes, le sésame qui a fait le plus grand reste n’est autre que la procuration. La vedette, la grande vedette de ces élections, les législatives, surtout. Il fallait maximiser les voix. Quitte à faire dans n’importe quoi.

Le bon sens, ou les fameuses prophéties de foi de faire du Gabon une véritable démocratie, où le vote ne devrait plus ressembler à celui du Gabon d’avant le 30 août 2023, se sont évanouis le 27 septembre dernier. La procuration est passée par là.

Kevin Aymard Lelingui 

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