Sécurité routière : appel à la sensibilisation et à l'action
Libreville, le 31 Juillet 2025. BWM-Dans le cœur vibrant de Libreville, la Direction Générale des Transports Terrestres (DGTT) est devenue le théâtre d'une opération clandestine qui ébranle les fondements même de la sécurité routière au Gabon. Les permis de conduire, censés être des symboles de compétence et de responsabilité, sont désormais en vente libre, comme des produits de consommation courante.
Ce phénomène alarmant, dénoncé par des promoteurs d’auto-écoles et des ONG telles que Stop Accident, soulève des questions cruciales sur l’intégrité du système de formation des conducteurs et sur la sécurité des usagers de la route.
Les promoteurs d’auto-écoles, désemparés et désillusionnés, s’interrogent sur les raisons de la déliquescence de leur secteur. Alors que la formation des conducteurs est essentielle pour garantir la sécurité routière, de nombreux candidats préfèrent désormais acheter leur permis, évitant ainsi le processus d’apprentissage. La DGTT, censée être un bastion de la régulation et de la sécurité, est accusée d’être complice d’un réseau mafieux qui prospère sur la vente illégale de permis.
Dans un communiqué de presse publié dans le quotidien *L'Union*, l’ONG Stop Accident a mis en lumière les dangers de cette pratique. Selon ses responsables, il est inacceptable qu’un individu puisse obtenir un permis sans avoir suivi la formation adéquate. Cette situation, qui pourrait sembler isolée, est en réalité symptomatique d’un problème plus vaste, celui de la corruption et de la mauvaise gestion au sein des institutions publiques.
Le constat est amer : des agents de la DGTT et du Centre National d’Examens du Permis de Conduire seraient directement impliqués dans ce trafic. Leurs méthodes sont bien rodées : ils récupèrent les dossiers de candidats dans les quartiers, les soumettent à des secrétaires, et pour chaque dossier, ils perçoivent des sommes allant de 150 000 à 200 000 francs CFA. Cette pratique, bien que répréhensible, est acceptée par de nombreux Gabonais, qui, dans un contexte où le temps et l’argent sont précieux, choisissent la facilité au détriment de la sécurité.
Les conséquences de cette vente illicite de permis de conduire sont alarmantes. Les routes gabonaises, déjà parsemées d’accidents, deviennent de plus en plus dangereuses. Des individus non formés, sans aucune connaissance des règles de circulation, prennent le volant, mettant en péril non seulement leur vie, mais aussi celle des autres usagers. La sécurité routière, qui devrait être une priorité nationale, est compromise par des pratiques contraires à l’éthique.
Le ministère d'État, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a été alerté de cette situation. Il est maintenant confronté à un défi de taille : comment restaurer la confiance dans un système qui a été terni par la corruption ? Les efforts du gouvernement pour lutter contre la corruption et promouvoir un changement de mentalité sont mis à rude épreuve par cette situation. La volonté du Chef de l'État, Brice Clotaire Oligui Nguema, de voir une 5e République basée sur la transparence et l’intégrité est menacée par ce fléau.
Il est impératif que des mesures soient prises pour endiguer ce phénomène. La mise en place d’un contrôle rigoureux des processus d’obtention des permis, ainsi que des sanctions sévères pour ceux qui enfreignent la loi, sont des étapes essentielles. De plus, la sensibilisation du public sur les dangers de l’obtention illégale d’un permis de conduire pourrait contribuer à changer les mentalités.
Les auto-écoles, qui jouent un rôle crucial dans la formation des conducteurs, doivent être soutenues et protégées. Leur fermeture entraînerait non seulement des pertes économiques, mais aussi une aggravation des problèmes de sécurité routière.
L’État doit impérativement rétablir la confiance dans le système afin de garantir que seuls des conducteurs qualifiés puissent accéder aux routes gabonaises.
La sécurité des usagers de la route est en jeu, et il est temps de mettre fin à cette pratique répréhensible. À travers des réformes structurelles et une volonté politique forte, il est possible de restaurer l’intégrité du système de transport au Gabon. Les routes doivent être un espace de sécurité, et non un terrain de jeu pour la corruption. La balle est désormais dans le camp des autorités.
Kevin Lelengui