Gabon/Violences basées sur le genre : Un combat urgent pour la dignité des victimes
Libreville, le 10 Février. BWM- Toujours à l'occasion de la 1 ère Édition du dîner des Femmes Entrepreneurs, deux thématiques furent abordées. La question des violences basées sur le genre demeure un fléau mondial, touchant une proportion alarmante de femmes et d'hommes. Selon les données, 9 femmes sur 10 subissent des violences sexuelles au cours de leur vie, tandis que 2 sur 3 font face à des violences sous diverses formes. Face à cette réalité préoccupante, le Gabon renforce son engagement avec l'ouverture du Centre d’Accueil Gabon Égalité, une structure de prise en charge sécurisée et pluridisciplinaire destinée aux victimes.
Un refuge pour les victimes, un espoir pour l’avenir:
Situé au cœur de Libreville, ce centre a pour mission de garantir une prise en charge rapide et spécialisée aux victimes de violences. Grâce à une équipe multidisciplinaire composée de psychologues, d’assistants sociaux, de juristes et de professionnels de la santé, il offre un accompagnement adapté aux besoins des victimes, tout en œuvrant pour la sensibilisation et la prévention.
Toutefois, les défis restent nombreux. D’après Betty Messi, directrice du centre, le manque d’information et la peur de représailles freinent encore trop de victimes dans leur démarche. "Les personnes manquent de connaissances, raison pour laquelle elles ne nous contactent pas", explique-t-elle. Un constat amer, illustré par le cas tragique de Madame Béatrice Nzang, dont la situation aurait pu être prise en charge à temps.
Médiation ou impunité ? Un dilemme inquiétant
Si le centre représente un progrès majeur, les statistiques soulèvent des inquiétudes. Trois dénonciations sur cinq aboutissent à une médiation de couple, un processus qui, dans certains cas, risque de minimiser la gravité des violences subies. Ce recours fréquent à la médiation interroge sur l’efficacité des mesures mises en place pour garantir la protection des victimes et éviter la récidive des agresseurs.
Un autre chiffre interpelle : 5 % des victimes accueillies sont des hommes, un rappel que la violence basée sur le genre ne touche pas uniquement les femmes et que les structures de soutien doivent s’adapter à toutes les réalités.
L’entrepreneuriat féminin, un levier d’autonomisation et de lutte contre les violences. Au-delà des échanges sur l’entrepreneuriat et le leadership, l’événement a été marqué par un appel fort contre les violences faites aux femmes. Un numéro vert, le 1404, a été rappelé comme outil essentiel pour signaler les cas de violence et obtenir de l’aide en urgence.
Mme Gessyska Ella Ekoga, présidente de l’Association, a exhorté les femmes à s’engager non seulement dans l’entrepreneuriat, mais aussi dans la défense de leurs droits. "Nous avons un rôle essentiel à jouer dans la société et nous devons nous soutenir mutuellement", a-t-elle affirmé.
Par ailleurs, Dr Loriane Thérèse Oye Menzeing, pasteur et entrepreneure, a insisté sur l’importance de l’intégrité et de la persévérance pour les femmes qui souhaitent entreprendre, rappelant que l’autonomie financière est un rempart contre la dépendance et les violences conjugales.
Vers une prise de conscience collective
Si les efforts du gouvernement et des associations marquent une avancée, le chemin reste long pour éradiquer les violences basées sur le genre. La sensibilisation, la formation et un meilleur accompagnement juridique sont essentiels pour garantir une véritable justice pour les victimes et prévenir de nouveaux drames.
Le combat pour l’égalité et la sécurité des femmes ne peut être gagné sans une mobilisation collective. Il est temps que les mentalités évoluent et que chaque citoyen devienne un acteur du changement.